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Astrid Waliszek répond au questionnaire du candide

ASTRID WALISZEK

Née en Alsace, Astrid Waliszek a été journaliste et réalisatrice de documentaires avant de devenir psychanalyste. Elle écrit des nouvelles, du théâtre, des poèmes, de courts textes ou de plus longs… Bref, elle vit de mille manières « l’insensé plaisir de vivre cette vie parallèle qu’est l’écriture ».

  • Un écrivain, ça naît comment ?

D’un grand lecteur. J’ai commencé à lire tôt, vers 7 ou 8 ans — je lisais tout ce qui me tombait sous la main. Lire transformait le monde ; celui où je vivais n’était pas très heureux. J’ai toujours écrit mais ne pensais pas à en faire des livres jusqu’il y a cinq ans.

  • Un livre, ça vient de quoi ?

Un jour, les vingt pages que j’avais écrites m’ont fait rire, j’ai continué et connu l’insensé plaisir de vivre cette vie parallèle qu’est l’écriture d’un livre. C’est parti de l’incipit : « Je n’aime personne ». Qui pouvait dire ça ? Le livre est né de ces trois mots. Les mots viennent des mots, c’est assez simple.

  • Un style, ça se trouve où ?

Dans une voix singulière. Toutes les histoires ont été racontées, c’est la façon de les raconter qui tient. Quant à pouvoir dire où ça se trouve, j’en suis bien incapable. Peut-être que ça vient de la multiplicité des lectures, qui force à trouver une voix juste ?

  • Quand on écrit, c’est pour qui ?

Personne. Si je pense à un lecteur, la voix change, je me perds — en général, ce que j’écris en pensant à un lecteur, c’est à refaire. Parce que je deviens « extérieure » — une surface et non plus une densité.

  • Votre dernier ouvrage, qu’est-ce qu’il raconte ?

C’est un livre de photos et de textes juxtaposés. Quand je n’écris pas, je prends des photos, je mets en scène des fragments que je cherche sans doute à soustraire au temps. C’est un peu raté, un peu flou, un peu effacé, parce que pour moi la beauté, c’est le pli d’une manche jaune un brin terni chez Zurbaran, ou le goulot un peu gauche d’une bouteille de Morandi — si c’était parfait il y aurait un trop de présence qui ne laisse rien à la rêverie. Les textes sont aussi des fragments, ils ne légendent pas. Photos à gauche, textes à droite, et au milieu l’espace du dialogue, peut-être. Ça s’appelle « Ombres nomades », c’est chez Jacques Flament Editions.

2017-03-13T16:46:05+00:00