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Cathy Galliègue répond au questionnaire du candide

Cathy Galliegue

« Le style vous trouve, parce qu’il est votre voix intérieure, celle avec laquelle vous parlez et qui ne demande qu’à être ajustée à vos pensées… » Ecoutons la voix intérieure de Cathy Galliègue.

  • Un écrivain, ça naît comment ?
    Je ne sais pas. Chaque naissance est unique. Certains naissent avec ce chromosome encombrant, ils sont prédisposés. D’autres vont développer une sorte d’accointance avec l’écriture. Certains seront bons, très bons, d’autres moins, mais parfois persuadés de l’être, d’autres auront cette modestie touchante de ne rien vouloir d’autre qu’écrire. L’acte d’écrire, je veux dire, pour être lu, relève de multiples imbrications. La naissance d’un écrivain survient quand, soudainement, et souvent sans l’avoir vraiment voulu, parfois en désespoir de cause, l’écriture parlera aux lecteurs. Il viendra alors au monde, mais il n’aura fait que passer la tête, poussé son premier cri, et il lui faudra une vie pour écrire son œuvre.

 

  • Un livre, ça vient de quoi ?
    Ça vient de petits rien. De discussions chopées à la terrasse d’un café, d’un regard qui en dit long, d’un imaginaire qui brode sur ces choses de la vie et qui les modèle. Ça vient d’une envie profonde de construire une belle histoire, celle qui s’imposera, à travers des rêves, à travers de discussions, à travers l’envie de modeler, de faire de tout petits points et les relier. Partir de rien et tisser, lentement, des fils sans histoire, et en faire une histoire.

 

  • Un style, ça se trouve où ?
    Je sais maintenant qu’un style ne se trouve pas. C’est lui qui vous trouve. Il est inutile de s’abreuver de tel ou tel écrivain en espérant lui ressembler. Ou de vouloir créer son propre style. Non. On ne crée rien. Le style vous trouve, parce qu’il est votre voix intérieure, celle avec laquelle vous parlez et qui ne demande qu’à être ajustée à vos pensées. Lorsque finalement on en est là, il faut accepter d’être mis à nu. Le style, c’est l’impudeur à portée des yeux de tous.

 

  • Quand on écrit, c’est pour qui ?
    On écrit d’abord pour soi. Mais pour soi, dans l’espoir d’être lu et d’être aimé. Écrire, c’est chercher l’approbation, l’adhésion, et finalement, l’amour de ceux qui vous lisent.
    Écrire, c’est parler dans le noir à quelqu’un qu’on aime très fort.

 

  • Votre dernier ouvrage, qu’est-ce qu’il raconte ?
    Il s’appelle, « La nuit, je mens ». Ce titre emprunté à la célèbre et magnifique chanson de Bashung me semblait, ainsi qu’à mon éditeur, correspondre totalement au propos de ce roman. Un roman psychologique, qui va gratter l’âme humaine.
    C’est un mensonge obligé, un non choix. La nuit, une femme est confrontée à quelque chose venu du passé, une chose surréaliste, une chose qui l’emmènera presque dans la folie. Mathilde voulait s’éloigner de ses origines bourgeoises, oublier Guillaume, son premier amour, sa maudite gueule de ravageur de bistrots, de joueur de tarot, de ramasseur de belles filles.
    Cette gueule-là ne méritait pas d’être vue, et sûrement pas d’être aimée… Juste d’être écrite, et puis déchirée.
    Pourtant, elle pensait avoir oublié Guillaume. Elle voulait vivre sa belle histoire avec Gaspard, y injecter un peu de fantaisie, voilà ce qu’elle voulait, Mathilde, sans mentir.
    Ce roman explore les méandres de ce que les psychiatres appellent le délire confuso-onirique, que d’autres préfèrent considérer comme les mystères sans réponse de l’âme humaine. Mentir, la nuit, pour ne pas être enterrée vivante, avec les fous.
    Ce roman est publié chez Albin Michel et sera disponible dès le 5 avril.

 

2017-03-06T17:35:11+00:00