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Christophe Maris répond au questionnaire du candide

Christophe Maris

Journaliste et écrivain, Christophe Maris a collaboré à plusieurs émissions de télévision et de radio. Il a été concepteur et coproducteur de magazines pour l’enseignement ; enseignement où il a également œuvré pendant plus d’une quinzaine d’années en qualité de professeur de lettres, d’histoire et de communication. Après « Les Entrelacs de la mémoire », il revient pour « Il fera jour ce soir »… et pour un candide fort intéressant !

  • Un écrivain, ça naît comment ?
    Difficile de répondre de manière tranchée à cette question. On ne sait d’où vient réellement l’inspiration. En ce qui me concerne, j’ai toujours été capté par les textes, par les points de vue des autres, par les histoires dont je pouvais me nourrir et ce depuis l’âge de cinq ans, période à laquelle j’ai eu accès à la lecture. Puis passionné par l’observation de toutes celles et tous ceux qui m’entouraient, j’ai développé l’envie de raconter à mon tour, tant à l’oral qu’à l’écrit, des histoires, les histoires que je ressentais, que je vivais parfois, dont j’étais le modeste écoutant également… Devenir écrivain, c’est à mon sens être une éponge à sensations, être une personne toujours dans l’empathie qui respire les autres et nourrit l’envie de partager ce qu’il perçoit avec les autres. C’est aussi se permettre et permettre aux lecteurs de s’évader… C’est souvent habiter des rôles que nous n’oserions pas dans la vie courante. C’est se dépasser et tenter de donner du sens aux choses, c’est relater du vécu, de la matière pour donner parfois aussi à réfléchir. Donner du sens à notre monde. Être également le témoin de son époque. Et jongler avec ses hauts, avec ses bas. Parfois même aider les autres à se réparer en se réparant soi-même.
  • Un livre, ça vient de quoi ?
    C’est une masse d’informations mises en ordre qui découle du vécu, de l’observation, du ressenti. Un livre est un objet d’art, une œuvre de l’esprit que l’on construit dans le temps avec méthode mais tout autant de folie et de fantaisie. Un livre est un grand voyage nourri par l’inspiration, une inspiration qui trouverait sa source dans une sorte de grâce, celle-là même qui touche les musiciens à l’oreille absolue qui composent sans même parfois écrire une note. Un livre est un travail issu de la passion de l’écriture qui a été modelé et remodelé des dizaines de fois à partir d’une thématique générale, devenu un squelette à partir duquel on avance avec méthode en prenant souvent des chemins de traverse et en visitant les champs des possibles (possibles narratifs).
  • Un style, ça se trouve où ?
    Un style, c’est une patte, une patine qui se travaille dans le temps et l’exercice. Il y a des multitudes de styles parce qu’il y a des multitudes d’écrivains. Où trouve-t-on son style ? Vaste question… D’aucuns croyants répondront « grâce divine », d’autres diront, dans les techniques que l’on nous enseigne pendant nos études de lettres ou autres. Pour ma part, dans l’observation des œuvres des autres, dans ma manière d’écrire depuis l’enfance, de mes rencontres, de mes lectures, de mes partages, de mes joies, de mes colères, de mes études, de celles et ceux qui m’ont corrigé, m’ont fait avancer, de ce qui sert au mieux le livre et surtout le caractère des personnages.

 

  • Quand on écrit, c’est pour qui ?
    On écrit d’abord pour soi. Ensuite on écrit pour les autres… Et quand les autres, les lecteurs, vous font l’honneur de vous lire, de vous reconnaître et de partager leur ressenti, leurs critiques avec vous, c’est le plus grand des cadeaux. Et cela décuple les forces pour toujours tenter de s’améliorer.
  • Votre dernier ouvrage, qu’est-ce qu’il raconte ?
    Il s’intitule « Il fera jour ce soir », (Éditions Pierre Philippe), et voici de quoi il retourne : Anna Schönberg, jeune étudiante en lettres, promise à une brillante carrière, vient de se suicider. Un fait qui aurait pu être vite classé et oublié si Christelle Lecarrer, jeune commissaire de police, pugnace, agile et gracile, n’avait pas décidé d’enquêter. Des éléments s’opposent et ne cadrent pas, aussi Lecarrer ne va pas hésiter à fouiller dans les profondeurs du passé, derrière les non-dits des uns des autres afin de rétablir une vérité qu’elle redoute.

Les personnages sont troubles et le jeu de piste dessine un univers sordide pour ne pas dire innommable. Quel était donc le lourd secret d’Anna ? Et cet oxymore « Il fera jour ce soir » qu’elle laisse à son bien-aimé ?

Christophe MARIS

2018-02-23T11:21:07+00:00