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Denis Montebello répond au questionnaire du candide

Denis Montebello

« Je suis un cueilleur de traces, confie-t-il. Un archéologue, si l’on veut. La trace fait l’archéologue. Le hasard. Puis, très vite, le hasard devient nécessité, l’archéologue voit des traces partout. Des vestiges où mettre ses pas, ses mots »… Mettons nos pas dans les siens.

  •  Un écrivain, ça naît comment ?
    Comme tout le monde : d’une rencontre. D’une impossibilité ou d’un refus d’habiter. De l’errance. Dans un espace ouvert. Un espace qui peut être la forêt, la grande forêt d’enfance ou Paris, ou Nantes, l’autre ville surréaliste, ou encore la toile qui est un espace ouvert aux rencontres et au merveilleux. L’errance, cela s’apprend, la déambulation sans but, c’est tout un art.

 

  • Un livre, ça vient de quoi ?
    De quelque chose contre quoi on bute, tesson, casson qui transforme votre route en chemin de Damas. Pour moi cela ne tombe pas du ciel, la révélation, l’inspiration, cela vient du sol. C’est pourquoi je regarde toujours sous mes pieds quand je marche, sous les mots quand je lis, dans l’espoir de quelque chose à cueillir. Je lis comme je cueille (lire et cueillir ont même origine). J’ai gardé de mon enfance en forêt le goût de l’errance, de la cueillette : je n’ai pas fait ma révolution néolithique. Ce ne sont plus les champignons que je cueille, ni les fleurs, les fruits sauvages, ni même leurs noms, mais les traces. Je suis un cueilleur de traces. Un archéologue, si l’on veut. La trace fait l’archéologue. Le hasard. Puis, très vite, le hasard devient nécessité, l’archéologue voit des traces partout. Des vestiges où mettre ses pas, ses mots.

 

  • Un style, ça se trouve où ?
    Dans la marche, le rythme qu’on donne à sa phrase, celui qu’elle vous donne, car on ne choisit pas sa respiration, son pouls, pas plus que ses mots, ce sont les mots qui vous élisent, qui vous reconnaissent ou pas comme un des leurs. Eux seuls peuvent dire de vous : « Celui-là, il est de la famille. »

 

  • Quand on écrit, c’est pour qui ?
    Pour le lecteur idéal, tout en sachant qu’il ne ressemble pas à celui que vous rencontrez, si vous avez la chance de le rencontrer. Si vous ne l’avez pas perdu en chemin, dans le labyrinthe de votre folie. C’est de la magie. Des morts que l’on évoque, des fantômes que l’on convoque, mais aussi des vivants que l’on appelle. Qui vous feront vivre plus fort.

 

  • Votre dernier ouvrage, qu’est-ce qu’il raconte ?
    Son titre : « La maison de la Gaieté ». L’éditeur : Le temps qu’il fait. Sorti le 19 janvier en librairie, il a pour sujet les inspirés du bord des routes. Un père et son fils qui vont, de 1937 à 1952, recueillir un million de cassons de vaisselle pour en décorer leur cabaret, en faire une œuvre -une mosaïque qu’ils signeront-, mais aussi un lieu de vie. Nous sommes là, avec cette maison de la Gaieté à Chérac, entre Saintes et Cognac, entre le facteur Cheval et Picassiette, dans une façon populaire, naïve, d’habiter poétiquement le monde.
    Pour en savoir plus cliquez ici

 

 

2017-01-23T15:42:01+00:00