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Étymologie à la C…

Etymologie con

Eh bien voilà, en ces temps d’élections où les insultes volent bas, j’avais l’intention pas vraiment subtile de me pencher sur le chef d’escadrille, le mot « con ». L’affaire serait vite expédiée, m’étais-je dit dans un bâillement, puisque je me bornerais à écrire ce que bien des gens savent déjà : avant de devenir injurieux, le « con » désignait le sexe de la femme, issu du latin « cuniculus ». Du latin et du lapin… « Cuniculus », c’est à la fois le petit rongeur aux longues oreilles et les conduits souterrains qu’il creuse. L’ancien français a réduit et déformé cela en « conil » (qu’on se souvienne du « conejo » espagnol) et, si l’on utilise le mot « lapin » depuis le XVe siècle, c’est parce que justement « conil », ou « connin », était devenu vulgaire, comme en témoigne le Roman de Renart.

La vulve, un lapin ? Une manière d’évoquer son pelage appelant la caresse, comme celui de l’animal qui a désormais pris sa place. « On a remplacé lapin par chatte. Le sexe est devenu carnivore » remarquait le remarquable Roland Topor… Quant à la transformation de « conil » en insulte, elle résulte de la misogynie : on fustigeait ainsi la passivité du sexe féminin.

La messe est dite. Sauf qu’il faudra un nouvel office car les choses sont plus complexes. Une fadaise, cette histoire de lapin, affirment d’éminents étymologistes : le « con » proviendrait de l’étymon latin « cunnus » signifiant « gaine, fourreau » et, par analogie, le sexe de la femme. Ce « cunnus » dérive lui-même de « cuneus », le « coin » – on parle par exemple d’écriture cunéiforme. Preuve avancée par nos spécialistes : « cuniculus » (lapin) prend un seul N et « cunnilinctus » (et non « cunnilingus », comme on dit à présent) en prend deux…

Etonnant, non (avec deux N) ? Moins cependant que l’hypothèse de Martin-Lothar. Voici ce que ce « poète et prince quantique » écrit dans son « blogue » (http://www.martin-lothar.net/article-17088192.html) : « J’affirme en effet qu’avant de désigner le sexe féminin, le mot con ne signifiait pas autre chose qu’un vulgaire « jambon ». Pour le prouver, je vous rappelle que le très british « bacon » des œufs incontournables de tout breakfast britannique qui se respecte de sa Reine, d’Oxford, de Cambridge et de leur Rule est un mot d’origine plus française tu meurs ! (Honni soit qui mal y pense !)

Maître François Rabelais l’employa bien souvent pour parler des jambons de France, de Thélème et de Navarre et l’orthographia parfois par « bas con ».

Le mot français « bacon » (jambon) attesté depuis au moins le siècle n° 13, viendrait du francique « bakko » (jambon ?) et dériva en « baconer » (dépecer un jambon) et « baconier » (celui qui vend ou fait du bacon, du jambon, un charcutier enfin).

Or donc, le mot « con » n’a rien à faire avec les lapins, mais avec les cochons qui dans le bas coin de leur corps engraissent du « bas con » en n’arrêtant pas comme d’autres gens bons de faire le « con » dans le « con » de leur truie. CQFD ! »

Un lapin ?

Un fourreau, un coin ?

Un jambon ?

Une chatte n’y retrouverait pas ses petits…

Pour me faire pardonner cette remarque au goût douteux, je vous quitte en citant Jules Michelet : « C’est une impiété inepte d’avoir fait du mot con un terme bas, une injure. »

Georges Brassens (https://www.youtube.com/watch?v=6lVhNSnXUeg) et Pierre Perret (https://www.youtube.com/watch?v=z9h4dUlgPxk) ne disent pas autre chose dans leurs chansons.

2017-03-24T15:27:48+00:00