Suivez-moi !

Votre nom (obligatoire)

Votre email (obligatoire)

Votre message

Eva Kopp répond au questionnaire du candide

C’est beau, d’assister à la naissance d’un écrivain… Pour souhaiter la bienvenue à Eva Kopp, par ailleurs illustratrice, infographiste et animatrice à la radio France bleu, nous lui avons soumis le questionnaire du candide. Examen réussi !

  • Un écrivain, ça naît comment ?
    Il n’y a pas une vérité concernant la naissance d’un écrivain… Je peux vous raconter la mienne qui est vivante et mouvante en fonction des étapes de ma vie.
    Enfant, je raffolais des histoires et contes qui égayaient mes journées. Les livres sont rapidement devenus mes amis. Et gare à celui qui osait faire une corne !
    Un peu plus tard, au collège, lors d’un cours d’histoire j’ai compris que des guerres avaient été déclenchées sur un mot malheureux, une phrase insultante.
    Une révélation.
    Je n’en ai pas dormi de la nuit. Comment était-il possible que des milliers d’êtres humains se soient fait du mal à cause de simples mots ? Certes des mots insultants mais des MOTS.
    Des vies sacrifiées, des pays dévastés… Si des mots pouvaient déclencher des guerres, il était donc possible que des mots facilitent la paix et l’harmonie. Du moins je l’espérais.
    Je me mis à lire le dictionnaire en espérant accumuler les mots comme certains accumulent les richesses.
    Avec le recul, je crois que j’espérais aussi trouver un mode d’emploi à cette vie. Apprendre par procuration, apprendre à travers les destins de personnages de papier.
    J’ai commencé l’écriture « sérieusement », (avec un objectif de partage) grâce à l’écriture théâtrale. À vingt ans, j’ai écrit une comédie musicale Sarah et son Reflet. J’ai eu le soutien de la Mairie de Paris qui encourageait les jeunes dans leur créativité. Puis j’ai appris à écrire vite et efficace en devenant correspondante dans la Presse quotidienne régionale en Franche-Comté. J’ai écrit des court-métrages et des longs métrages, j’ai même gagné un prix mais jamais un kopeck. Je ressentais, à tord ou à raison, je l’ignore, un plafond de verre. Ecoeurée et usée émotionnellement dans ma créativité, je me suis mise à l’illustration jeunesse qui me semblait plus accessible. Je croyais pouvoir défendre et mener à terme des projets jeunesse. Ce qui fut le cas avec plusieurs livres édités. Quelle sensation incroyable de voir « son » livre en librairie pour la première fois… De lire des avis enthousiastes de parents-blogueurs, de parfaits inconnus vivant à l’autre bout de la France La littérature créée des ponts.
    Je crois qu’au fond, j’ai toujours su que j’allais écrire un roman. Je retardais l’échéance. Le plus dur était de m’y autoriser, de ne plus lutter contre moi-même, de ne pas juger mes écrits. Je me suis donnée les moyens. Je me suis inscrite à des ateliers d’écriture pour me donner une rigueur et des échéances à tenir. Pour résumer : je me suis donnée des contraintes pour me motiver.
    L’accouchement a été long et douloureux. Il a débuté en 2011. 5 années d’écriture. 3 cahiers noircis. 3 titres, 12 versions (oui… 12).
    Envoyer le manuscrit aux éditeurs comme une bouteille à la mer et attendre… longtemps. Finir au « pied du podium » de 2 maisons d’édition. Pleurer et relativiser. Ce n’est qu’un roman.
    Réécrire une 13e version, trouver un 4e titre : L’enfant du tsunami, envoyer aux Editions Pierre-Philippe. Recevoir un e-mail encourageant quatre heures plus tard promettant une lecture approfondie. Danser devant son ordinateur. Et attendre un mois en espérant sans vouloir y croire de peur que… Recevoir l’email tant espéré.
    Je suis née écrivain en étant « reconnue » en tant que tel par l’éditeur Philippe Villette. J’ai eu besoin de cette approbation pour me sentir légitime dans ma démarche.

 

  • Un livre, ça vient de quoi ?
    De la volonté de partager, de créer des ponts entre les imaginaires et de créer une réalité commune de mots et d’émotions le temps d’une lecture.

 

  • Un style, ça se trouve où ?
    En ne cherchant pas : le style est l’expression de la personnalité de l’écrivain. Il peut évoluer avec les douceurs et les aspérités de la vie.

 

  • Quand on écrit, c’est pour qui ?
    J’aimerai pouvoir répondre « pour les autres » mais je crois, qu’au fond, écrire est une manière d’honorer son monde intérieur : un mélange de conscient, d’inconscient, de rêves et de cauchemars.

 

  • Votre dernier ouvrage, qu’est-ce qu’il raconte ?
    Il paraîtra en juin 2018 aux Editions Pierre Philippe et s’intitule « L’enfant du tsunami ». Nous sommes le 11 mars 2011 sur l’île d’Honshū, préfecture de Miyagi. D’une main distraite, Junko caresse le chat gris aux longues moustaches qui ronronne paisiblement sur ses genoux. Soudain elle sent son petit cœur s’affoler comme s’il cherchait à s’échapper de son enveloppe de félin. Il saute toutes griffes dehors et se met à tourner à toute vitesse sur les murs qui s’effritent à chacun de ses passages.
    Junko a compris. Tout est clair à présent, un rouage invisible s’enclenche dans sa poitrine. Elle en a rêvé il y a deux jours : une immense vague. Gigantesque, dans un grondement démentiel. Avec les hurlements et les craquements des os, où les charnières de la Terre elle-même semblaient céder comme… comme quoi d’ailleurs ?
2018-01-04T14:16:17+00:00