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Gil Jouanard répond au questionnaire du candide

Son roman « Les Roses blanches », paru aux éditions Phébus, figure parmi les six sélectionnés pour le Prix des Libraires de Nancy. Verdict le 8 septembre… Nous croisons les doigts !

Un écrivain, ça naît comment ?
Etant principalement un animal de l’ordre des mammifères et de la classe des Primates, il naît comme tout être appartenant à cette catégorie : d’une personne de sexe féminin préalablement fécondée à la faveur d’un accouplement sexuel. Il deviendra le cas échéant écrivain pour de confuses et multiples raisons (le besoin impérieux de s’exprimer ; le constat d’un goût très avéré pour la lecture et celui pour l’écriture, qui en découle logiquement ; d’évidentes ou supposées dispositions pour un passage à l’acte impliquant maîtrise de la langue, singularité du ton, du style, du propos ; la question de la reconnaissance publique et même celle de la publication par un éditeur est subsidiaire ; mais elle ne peut que stimuler).
La question de la qualité, celle de l’originalité, celle de la postérité sont hors de portée de la connaissance que l’on peut avoir de soi, en tant qu’écrivain. Beaucoup écrivent ; plusieurs publient ; peu laisseront un nom et une œuvre susceptibles de marquer l’histoire de la littérature. Quelques dizaines ou centaines d’auteurs par génération franchissent le cap de la notoriété posthume. Il en va de même pour la musique, pour la peinture, pour chacun des arts.

Un livre, ça vient de quoi ?
Un livre, cela vient du dedans de soi, de sa culture et de son désir, préalablement imprégnés, voire contaminés, par de stimulantes lectures. Et bien sûr du travail sur la langue, sur ses ressources qui, à la fois, nous soutiennent et nous dépassent, nous prennent de vitesse, dans le meilleur des cas. Le nombre des « sujets » étant fort peu nombreux, toute la singularité tiendra dans la manière, dans la puissance et/ou la subtilité du traitement (qui fera qu’un écrivain authentique sera inimitable, aura sa langue propre, parlée par lui seul, bien que compréhensible par de nombreux autres, voire par tous)

Un style, ça se trouve où ?
Nulle part : ça nous trouve, si l’on a de la chance, de l’obstination, une voix propre, à nulle autre pareille. C’est un grain de voix, une tessiture, un octave, une couleur. On ne se cherche pas un style. Il vient à nous, après des années d’hésitation ; ou bien il ne viendra jamais, quelque effort qu’on ait pu produire.

Quand on écrit, c’est pour qui ?
Pour qui nous lira. Bien souvent, on commence à écrire pour séduire ou convaincre quelqu’un (ainsi, j’ai commencé à écrire pour montrer à une certaine jeune fille, lorsque j’avais autour de vingt ans, que je valais vraiment la peine d’être aimé ! Naïveté courante mais qui ne suffira jamais). A un certain moment, on n’écrit plus que pour écrire, parce qu’on ne peut plus s’arrêter de le faire : on est devenu écrivain. On écrit dès lors, simultanément, comme on se parle à soi-même et se regarde dans une glace et comme on harangue la foule.

Votre dernier ouvrage, qu’est-ce qu’il raconte ?
Il est sorti le 25 août. Il s’intitule « Les Roses blanches » et a été publié par les éditions Phébus. C’est un roman qui relate le parcours très atypique d’un personnage qui fut bergère à huit ans et demi, vachère à quatorze ans, bonne à tout faire à dix-huit, femme de ménage par la suite, et qui vécut une existence extravagante, à la fois Cosette et Anny du Far-West : ma mère.

2016-12-16T09:18:08+00:00