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J’ai perdu la tête pour l’esperluette…

Un aveu pour étrenner ce blog : je suis amoureux de l’esperluette. Vous savez, ce signe typographique que vous trouvez sur votre ordinateur, en général sous le chiffre 1… La sonorité de ce nom féminin m’enchante, qu’on l’orthographie esperluette ou esperluète. Il y a de l’espoir, là-dedans, et de la lumière… Disons une lueur d’espoir. On l’appelle aussi perluette, perluète, ou encore – moins poétique, je vous l’accorde – et commercial.

J’adore aussi sa forme qui provient de la ligature des lettres e et t. Les calligraphes s’en donnent à cœur joie, comme vous pouvez le constater ici ou . Il n’est pas interdit d’y voir un cousinage avec le signe de l’infini, même si l’esperluette est avant tout un symbole d’union. Les plus romantiques en feront un signe d’amour : « Toi & moi » auraient pu écrire Colonel Reyel, Guillaume Grand, Kenza Farah, Lorie, Michel Polnareff, Charles Aznavour… C’est fou le nombre de chansons qui portent ce titre !

Cette figure du lien, du nœud qui nous unit, vous la retrouvez aussi chez le divin Matisse dans son dessin « Amours de Ronsard et esperluette ». Si vous ne savez pas quoi m’offrir à Noël…

Mais tout ça ne nous dit pas d’où provient ce caractère. Je risque de vous décevoir : on ne sait pas vraiment. Certains attribuent son invention au secrétaire de Cicéron, Tiron, inventeur aussi de la première méthode de sténographie, d’autres à l’imprimeur-libraire vénitien Alde Manuce. Toujours est-il que les premières traces de l’esperluette ont été repérées sur un fragment de papyrus de l’Empire Romain.

Roméo & Juliette

Pour son joli nom, c’est pareil. Nous en sommes réduits à des hypothèses. Prononcé ète, le & aurait constitué la dernière lettre de l’alphabet jusqu’au XIXe siècle. A l’école, les enfants récitaient « v, w, x, y, z… et puis le ète », expression finale qui aurait donné éperluette. Il existe une autre version dans laquelle ils déclinaient les mots latins « et, per se, et », ce qui signifie « et, en soi, et ». On parle aussi d’un mot créé à partir d’épeler et de pirouette, ou bien des mots latins perna (jambe, cuisse), sphaerula (sphère) et uvula (luette). Cet aspect mystérieux accroît le charme de l’esperluette, vous ne trouvez pas ?

Quoi qu’il en soit, les copistes médiévaux ont utilisé abondamment cette abréviation de et que l’on trouve aussi en anglais sous le nom d’ampersand. Et si elle figure sur votre clavier d’ordinateur, c’est surtout pour son usage commercial et publicitaire. Sciences & Vie, Bang & Olufsen, Image & Communication… Bien des raisons sociales s’en sont emparées. On s’en sert aussi pour M. & Mme (oui, M. pour Monsieur, et non pas Mr qui signifie Mister !) et dans le domaine de l’informatique.

En revanche, on l’exclut dans la littérature, ce que je regrette. Roméo & Juliette, Tristan & Iseut… Ça choque peut-être l’œil par manque d’habitude mais on pourrait ainsi insister sur les liens indéfectibles des amoureux. Je vais fonder une association contre le boycott de l’esperluette, & puis c’est tout !

2016-12-16T09:18:30+00:00 Tags: |