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Jean-Noël Liaut répond au questionnaire du candide

j.nliaut

Ecrivain, traducteur et journaliste, Jean-Noël Liaut a publié une douzaine de biographies et d’essais, parmi lesquels « Karen Blixen, Une Odyssée Africaine » (Payot, 2004 ; Grand Prix Littéraire de l’Héroïne 2005) et « Elsa Triolet & Lili Brik, Les Sœurs Insoumises » (Robert Laffont 2015 / Finaliste du Goncourt de la Biographie/ Lauréat du Prix de la Biographie de l’Académie française), mais aussi un volume de journal intime, « Férocement Vôtre » (Ramsay, 2005), et un « Eloge des Garces » (Payot, 2013).
Je fais pour ma part l’éloge de Liaut.

– Un écrivain, ça naît comment ?
Dans mon cas, à l’âge de 15 ans. Ma mère me tend un volume et me dit : « Tiens, chéri, voilà un livre qui pourrait t’intéresser… » Il s’agissait de « L’Irrégulière ( Coco Chanel) » par Edmonde Charles-Roux. Je m’y suis plongé, fasciné, et mon rêve de devenir biographe est né ce jour là. « Devenir portraitiste de femmes singulières, voilà un joli métier! », me suis-je alors dit.

-Un livre, ça vient de quoi ?
Il y a toujours un déclic. Dans le cas de mon premier livre, essai sur la photographie de mode des années 50, lorsque j’avais une vingtaine d’années, il y eut deux éléments : la lecture de « La Chambre Claire » de Roland Barthes et le film « Portrait d’une enfant déchue ». J’ai voulu en savoir plus sur ces femmes. Pour « La Javanaise », un ami de Toto Koopman est venu à moi car il avait aimé mes portraits de Karen Blixen et de Madeleine Castaing. Dans le cas de cette dernière, c’est son petit-fils lui même qui me l’a proposé. Quant à Elsa Triolet et Lili Brik, « Les Sœurs Insoumises », c’est une conversation avec mon amie Martine Frank, qui avait photographié les principaux protagonistes.

– Un style, ça se trouve où ?
C’est un travail constant, le rêve est d’arriver à une prose hautement identifiable. John Coltrane a passé une vie entière à acquérir un son unique… Mon idéal d’écriture est contenu dans la devise devenue chanson de Duke Ellington : « It don’t mean a thing if it ain’t got that swing »… Le jazz, encore et toujours.

– Quand on écrit, c’est pour qui ?
La réponse officielle : pour tout le monde ! La réponse officieuse : pour les êtres que j’admire, leur verdict m’est essentiel.

– Votre dernier ouvrage, qu’est-ce qu’il raconte ?
Il s’agit des « Sœurs Insoumises » (Robert Laffont, 2015), portrait croisé de deux sœurs russes, Elsa Triolet et Lili Brik. Figures de l’avant-garde artistique soviétique, sirènes et guerrières, elles étaient follement charismatiques mais aussi monstrueuses. J’ai été très ému lorsque le livre a obtenu le Grand Prix de la Biographie de l’Académie française après avoir été l’un des 5 finalistes du Goncourt de la Biographie. En ce moment, je termine un portrait d’Edmonde Charles-Roux, qui sortira en janvier 2017, un an après sa mort, aux éditions Allary. La boucle est donc bouclée !

2016-12-16T09:16:47+00:00