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Julien Dufresne-Lamy répond au questionnaire du candide

Candide Dufresne

31 ans, et déjà quatre romans. Après « Deux cigarettes dans le noir » (Belfond, 2016), qui mêlait la vie de Pina Bausch au fait divers dans une intrigue meurtrière, voici « Les Indifférents ». Mais le candide de Julien Dufresne-Lamy ne saurait vous trouver tels…

  • Un écrivain, ça naît comment ?

Je ne me souviens pas exactement. Une naissance, c’est toujours un oubli du corps. Je me rappelle surtout d’une nouvelle écrite lorsque j’étais étudiant, un concours remporté à ma grande surprise et une nouvelle devenant roman au fil des nuits, par hasard. Mais est-ce bien une naissance ? J’ai eu bien plus l’impression d’être né écrivain après mon troisième et mon quatrième roman. Quand tout devient moins invisible, moins secret. Un écrivain naît avec du temps. Avec du sens.

  • Un livre, ça vient de quoi ?

Tout un tas de choses anodines et essentielles. Rarement un sujet plaqué ou une thématique. Quand il me vient une idée de livre, c’est d’abord l’évocation d’un détail. Une espèce de personnage, une couleur, un titre. Puis le fil se détricote. Il suffit de bien le tenir et le roman apparaît au fil des pages.

  • Un style, ça se trouve où ?

Dans le ventre, dans les mains. J’appelle ça plutôt une voix, une zone à soi. Une façon de voir l’autre et le monde. Mais la voix prend ses aises au fil des années et des textes, elle gagne en fluidité, en liberté, en danse. Elle est paradoxale. D’un côté, elle se travaille comme un outil. De l’autre, elle est entière, attachée au corps.

  • Quand on écrit, c’est pour qui ?

On écrit pour le désir et l’urgence. Pour habiter un moment, incarner un mouvement. C’est égoïste, c’est une pensée à soi. Quand le texte devient livre, on écrit alors pour des gens, on visualise davantage l’objet du roman, dans les salons, sur des tables et là on imagine ses premiers lecteurs, ses éditeurs évidemment, ses proches et ses bienveillants, et tous les autres ailleurs.

  • Votre dernier ouvrage, qu’est-ce qu’il raconte ? 

Mon dernier livre, « les Indifférents » chez Belfond, raconte la vie d’une bande d’adolescents, il parle de jeunes gens insouciants grandissant sur les plages du Bassin d’Arcachon, il dit l’hérédité, le pouvoir de la famille, les fardeaux invisibles. Ceux de la bourgeoisie de province, par exemple. Le roman raconte aussi la mort, un matin sur une plage, d’un jeune personnage. Un accident soudain, tragique, mais inéluctable. Comme une vague inévitable.

2018-04-24T13:25:57+00:00