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Lisa Balavoine répond au questionnaire du candide

Lisa Balavoine

« On se plaint quelquefois des écrivains qui disent moi. Parlez-nous de nous, leur crie-t-on. Hélas ! quand je vous parle de moi, je vous parle de vous. Comment ne le sentez-vous pas ? Ah ! insensé, qui crois que je ne suis pas toi ! » : ces mots de Victor Hugo dans la préface des Contemplations parlent sûrement à Lisa Balavoine qui affirme ressembler à tout le monde. À tout le monde, peut-être, mais pas à n’importe qui.

  • Un écrivain, ça naît comment ?

Après un long accouchement, après avoir soufflé beaucoup, vite, de plus en plus vite jusqu’à entendre le cri qui délivre et qui déclare : écris la vie, tu n’as pas le choix de toute manière, c’est la seule chose valable à faire sur cette Terre.

  • Un livre, ça vient de quoi ?

Ça vient de nulle part et de partout, c’est bien ça le problème. Ça vient de loin parfois, du passé que l’on sonde, d’une histoire familiale qu’on explore, d’un souvenir pas bien digéré. Ça peut aussi venir de tout près, d’une observation, d’un instant, d’un mot entendu, d’un regard croisé. Un livre, ça vient de soi surtout, c’est l’intérieur qu’on expose, qu’on pose sur la table, qu’on remue et qu’on ordonne. C’est un vide qu’on agence, en déplaçant les meubles, en tapissant les murs, en colmatant les trous. C’est un ménage de printemps qui prend des allures de tempête hivernale.

  • Un style, ça se trouve où ?

Un style, c’est le mystère, parce que c’est là, tapi dans un coin du cerveau qui nous fait choisir les mots et nous dicte les phrases. Ça se trouve tout seul, sans explication, c’est un rythme, un vocabulaire, un langage. « Ton style c’est ton cul, ton style c’est ton cœur » disait Ferré. On nait avec, on n’y est pas pour grand-chose, on ne peut même pas en être fier, chacun peut le trouver en réalité.

  • Quand on écrit, c’est pour qui ?

On écrit pour soi, dans un premier temps. On écrit pour le petit enfant qui ne nous a pas quittés et qui aime les histoires. On écrit pour l’adolescent qui cherchait les réponses. On écrit pour l’adulte qui les a parfois trouvées.
Dans un second temps, on peut écrire pour les autres. Des autres proches, des autres lointains, des vivants, des morts. Les autres sont toujours présents lorsqu’on écrit mais on ne les connait pas tous, donc c’est difficile de savoir ce qui peut leur plaire. On fait comme on peut, avec les autres qu’on a et souvent, on n’y pense même pas.

  • Votre dernier ouvrage, qu’est-ce qu’il raconte ?

Mon livre, « Éparse » (JC Lattès), raconte un désordre ordinaire, une épopée banale, celle d’une femme de mon âge, qui me ressemble beaucoup puisque je ressemble à tout le monde. C’est un livre qui se promène dans le temps, les images et les musiques. C’est un livre qui ne cherche pas à tout dire mais qui dévoile beaucoup. C’est un livre qui se plante de trajectoire et c’est le lecteur qui remet les choses en ordre. A la fin, si tout va bien, il comprend que le livre a raconté une bonne partie de sa vie, à lui aussi, et parfois cette impression le fait se sentir moins seul et il sourit.

2018-02-19T12:39:48+00:00