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Manuel Candré répond au questionnaire du candide

Manuel Candre ecrivain

Auteur de deux romans remarqués parus chez Joëlle Losfeld, « Autour de moi » et « Le portique du front de mer », Manuel Candré a également participé au recueil de textes « Leurs contes de Perrault », chez Belfond. En attendant « Des Voix », son prochain ouvrage, écoutons la sienne, aussi séduisante que singulière.

  • Un écrivain, ça naît comment ?
    Je ne sais de quel orphelinat se sont arrachés mes collègues. Quant à moi, je peux dire que je suis le résultat de plusieurs chevauchements troubles qui m’ont fait délirer et aussi procuré des visions et aussi tout en rêvant d’obscurité, fait avoir soif d’être vu. Plusieurs échecs retentissants et l’acceptation de certains deuils ont fait le reste. D’un certain rapport à la solitude.

 

  • Un livre, ça vient de quoi ?
    Le cheminement ténu d’un récit peut être observé comme le fruit du broyage entre elles de plusieurs feuilles de métal à l’intérieur d’un container. Il en résulte beaucoup de bruit pour quelque chose de sale et aussi une intense chaleur due au frottement des plaques. Cette chaleur, si elle trouve à se stabiliser dans l’air, si elle réussit à se contraindre suffisamment pour tourner le dos à ce qu’elle est volatile, peut par suite d’une cristallisation se transformer en chapelets d’images et de mots. Le respect accordé aux objets intérieurs est vital dans ce processus, un goût pour le sens également et une attente jamais étanchée d’un surgissement, d’une révélation.

 

  • Un style, ça se trouve où ?
    Un style n’est pas une langue. Dès lors qu’on a renoncé au premier, il est possible de trouver la seconde. Mobilité (amour de la), précision dans la (mobilité) égal respect égal amour. Je vais vous répondre autrement : dans la capacité à produire du sens au milieu du chaos de la fantasy. J’attire toutefois votre attention sur ce fait minuscule que le sens peut provenir de la mobilité même et non des objets qu’il produit en chemin. Faire sens, c’est avant tout éprouver qu’on se meut. La plus grande révélation.

 

  • Quand on écrit, c’est pour qui ?
    Pour ce plaisir donc d’être en chemin, pour la joie d’éprouver une puissance en action. Pour toi aussi dont les yeux ont fondu depuis trop longtemps sur ta robe de mousseline.

 

  • Votre dernier ouvrage, qu’est-ce qu’il raconte ?
    Le dernier en date est une histoire de fantôme, l’histoire d’un fantôme qui entend des voix dans le ghetto de Prague, que je rebaptise pour l’occasion Pragol. Son titre : « Des voix ». C’est à sa façon un petit compliment très enjoué sur la déréalisation physique et mentale de la figure du fantôme et celle de l’aliéné. On comprend pourquoi il a tardé à trouver un éditeur (Quidam).
2017-04-06T09:51:53+00:00