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Marin Ledun répond au questionnaire du candide

ecrivain

Une douzaine de romans au compteur et des prix en veux-tu en voilà : « L’homme qui a vu l’homme » (Prix Amila-Meckert 2014), « Les visages écrasés » (Trophée 813 du roman français 2011 ; Grand Prix du roman noir 2012 du Festival International du film policier de Beaune ; Prix des lecteurs du Festival de Polar de Villeneuve-lès-Avignon 2012), La Guerre des Vanités (Prix Mystère de la critique 2011), « En douce » (Prix Transfuge du meilleur Polar 2016)… Il a également écrit des pièces radiophoniques pour France Culture et trois essais qui, comme ses œuvres de fiction, montrent la couleur de notre monde, plus noire que rose…

 

  • Un écrivain, ça naît comment ?
    Je parle pour moi, mais il me semble que « ça » naît de la lecture, d’abord et avant tout, des mots des autres, en particulier de ses premières lectures, celles qui marquent dans l’enfance, puis ensuite de l’envie de raconter des histoires, de raconter le monde, de le décortiquer pour voir comment il fonctionne – ou ne fonctionne pas.

 

  • Un livre, ça vient de quoi ?
    Les hasards de la vie, les accidents, les petits bonheurs, les rencontres, les colères et encore les hasards de la vie et les accidents, et vous obtiendrez sans doute de quoi écrire un roman.

 

  • Un style, ça se trouve où ?
    Alors là, plus de hasard, il me semble. Passé le premier jet d’écriture, le style est quelque chose qui se construit, artisanalement, patiemment, qui se travaille, encore et encore, au quotidien, mot à mot, je crois. Il puise partout, il cherche les solutions techniques dans les textes des autres, les adapte, les remanie, les rejette si elles ne fonctionnent pas. Le style, ça ne s’improvise pas. Ça se taille et ça s’arrose, au fil des années. Chacun s’exprime à sa manière. Le plus difficile, c’est sans doute de la trouver, cette « manière », et de ne pas perdre le fil car elle ne devient jamais automatique et doit être renouvelée constamment, faute de quoi elle s’encroûte et perd de sa saveur.

 

  • Quand on écrit, c’est pour qui ?
    C’est Dashiell Hammett qui écrit, dans l’une de ses lettres à Joséphine Hammett Marshall écrites en juillet 1949, « Bien sûr que tu peux me demander de quoi parle mon prochain roman. Il parle des gens. Les gens m’intéressent et j’ai toujours pensé que quelqu’un devait écrire sur eux… » Voilà, cela résume assez bien je crois ma manière de travailler. Je n’écris pas pour les gens, mais sur les gens, parce que je ne sais faire que ça.

 

  • Votre dernier ouvrage, qu’est-ce qu’il raconte ?
    « En douce » (éditions Ombres Noires), c’est l’histoire d’une déclassée, perdue dans une société qu’elle ne comprend pas et dans laquelle elle ne trouve pas sa place, Emilie, victime d’un accident de voiture dans lequel elle perd une jambe, et qui, quatre ans plus tard, retrouve l’homme impliqué dans l’accident, le séduit, lui tire une balle dans la jambe en lui disant « Maintenant que nous sommes à égalité, nous allons pouvoir discuter ! ».
2017-04-27T10:39:55+00:00