Suivez-moi !

Votre nom (obligatoire)

Votre email (obligatoire)

Votre message

Mauvais genre

Je ne vais pas me faire que des « ami-e-s » mais voilà : misogynie à part, comme disait Brassens, cette nouvelle mode qui consiste à placer un « e » entre deux traits d’union pour montrer que le mot concerne aussi bien les femmes que les hommes me sort par les yeux. Même les inspecteurs de l’Education Nationale s’y sont mis, comme en témoigne cet extrait d’un mail : « Le 26 mai 2015, vous êtes convoqué-e-s pour interroger, dans le cadre de l’épreuve ponctuelle orale d’histoire-géographie, les candidats de CAP. »


Grammaticalement, « convoqués » suffisait pour désigner les examinatrices comme les examinateurs. Bien sûr, j’ai compris que cette pratique visait à traiter les deux sexes sur un pied d’égalité, si je puis dire, et à dénoncer ainsi la phallocratie de notre langue. Mais comment procéder si, dans le groupe concerné, se trouvent un ou plusieurs transgenres ? Après avoir déclenché la « guerre des toilettes » dans les écoles américaines, le troisième sexe réclame sa reconnaissance en France. Revendiquera-t-il des mots non genrés conçus à sa mesure ?

Je veux bien accepter le « Françaises, Français » (« Belges, Belges » ajoutait Pierre Desproges…) mais ces tirets qui séparent les deux parties du monde au lieu de les rassembler tombent dans une préciosité un tantinet ridicule.


D’ailleurs, à propos de préciosité, comment orthographierons-nous un groupe de précieux composé des deux sexes ? Des « précieux-ses » ? Plutôt curieux, ne trouvez-vous pas ?
Et cela donne quoi, à l’oral ? Faut-il prononcer le « x » pour indiquer qu’il y a des hommes ? Le « e » d’ami-e-s ou de convoqué-e-s pour désigner les femmes ?


Amis de tous les genres, apprenons à rester simples. L’intention est bonne mais on sait de quoi l’enfer est pavé. Au feu, tous ces tirets qui rendent la lecture moins fluide et aussi attrayante que celle d’un formulaire administratif !

2016-09-22T16:48:45+00:00