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Michelle Ballanger répond au questionnaire du candide

Michelle Ballanger

Michelle Ballanger vit dans le Territoire de Belfort. Elle est maîtresse d’école, parce que ses élèves l’appellent « maîtresse » et pas « professeur ». En 2002, elle publie un roman pour enfants, « Le Bal des saisons », aux éditions 00H00.com. Son premier roman pour adultes, « Il est temps de suivre un régime et d’apprendre à voler », sort pour sa part en 2017. Allez, il est temps de découvrir ses très belles réponses et de lire Ballanger. 

  • Un écrivain, ça naît comment ?
    En apprenant à lire. J’ai compris à ce moment que les signes noirs tracés sur une feuille étaient porteurs de sens, qu’il y avait toujours quelqu’un qui avait écrit la réponse à mes questions dans un livre. Alors j’ai toujours lu et l’écriture est venue à l’adolescence, dans la continuité, naturellement. A mon tour j’ai alors commencé à tracer un mot après l’autre, une phrase à la suite d’une autre. J’ai appris le silence, la force et l’énergie. Les brûlures inévitables.

 

  • Un livre, ça vient de quoi ?
    De rencontres. Avec un lieu particulier. Un endroit où je sens que des histoires, qui bien sûr m’échappent, ont eu lieu. Une géographie qui me parle, dicte même à mon imaginaire des destins et des secrets. Avec des personnages aussi. L’écriture est une longue suite de rendez-vous où chacun d’eux, au fil des conversations, se découvre peu à peu et me dicte son histoire.
    Après c’est de l’écoute, du temps, de la patience et du plaisir à donner voix à des personnages et corps à des histoires particulières.

 

  • Un style, ça se trouve où ?
    Le style met en adéquation le rythme vital de l’auteur et celui de la langue qu’il emploie.
    C’est une musique qui se compose avec les mots inscrits dans la chair par les paroles entendues, dites, vécues ou lues et les sonorités, les silences de la langue. Il se trouve tout autant dans les sensations, les pensées qui nous font que dans les lettres, les virgules, entre les paragraphes et le choix d’une phrase. Peut-être est-ce un sens supplémentaire…

 

  • Quand on écrit, c’est pour qui ?
    On écrit pour un absent. Une seule personne, une multitude, quelquefois soi-même. On écrit pour être entendu de ce/ces destinataires qui n’écoutent pas quand on leur parle. Peut-être sont-ils sourds ?
    On écrit parce que la lecture est une parole silencieuse, vibrante et vivante.

 

  • Votre dernier ouvrage, qu’est-ce qu’il raconte ?
    Adam est écrivain public. Tous les après-midis, il écrit pour les habitants de sa petite ville posée au pied des montagnes de Dracula. Des lettres anonymes, des lettres d’amour, des lettres pour ceux qui sont tout près, ou bien ceux qui sont partis en France, partis et jamais oubliés. Dans sa maison où ne vivent plus depuis longtemps sa femme et sa fille, parties et jamais revenues, Adam héberge depuis l’hiver dernier Dragos, vieux, sale, gros et vendeur de poids de son état.
    Et Adam a finalement peu de temps pour penser à lui-même. C’est une bonne chose. Penser à lui, c’est penser à celles qui lui manquent. Il ne veut pas. Mais alors qu’Adam écrit des lettres en poste restante, des poèmes, des testaments, alors que chacun raconte son histoire et que les mots suivent leur chemin, le moment vient où les forces sont réunies, où les choses sont prêtes à basculer. Oui, il faut parfois vingt ans pour écrire une lettre, mais il est grand temps de suivre un régime et d’apprendre à voler, il est grand temps pour Adam, et pas seulement pour lui.
    (« Il est temps de suivre un régime et d’apprendre à voler », Editions du Rouergue)

 

Photo Tina Merandon – Signatures

 

 

2017-11-14T09:18:44+00:00