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Nathalie Peyrebonne répond au questionnaire du candide

Nathalie-Peyrebonne

Née en banlieue parisienne, Nathalie Peyrebonne a passé une partie de son enfance en Amérique centrale avant de revenir s’installer à Paris. Professeure de littérature espagnole à l’université, elle est également traductrice et journaliste littéraire (Délibéré, Le Canard enchaîné). Elle a publié « Rêve Général » (Prix Botul) en 2013, « La silhouette, c’est peu » en 2015, et nous revient aujourd’hui avec « Votre commande a bien été expédiée ». Nous l’avons soumise au questionnaire du candide qu’elle n’a pas expédié, c’est heureux.

 

  • Un écrivain, ça naît comment ?
    Ça naît sans doute de l’envie très forte d’échapper au quotidien, à la réalité, à ses contraintes, à ses limites. De l’envie de tisser des histoires, qui vont faire de cette réalité quelque chose de plus coloré, de plus épais, de moins terne. Cette envie surgit très tôt, dans l’enfance, ça a du moins été mon cas.
  • Un livre, ça vient de quoi ?
    D’une brèche, donc, dans la réalité. C’est un espace de liberté, qu’on peut se ménager. Regarder le monde qui nous entoure, faire un petit trou, tirer un peu, élargir l’ouverture, y fourrer des personnages, des histoires, des mots, et puis voilà, c’est un livre.
  • Un style, ça se trouve où ?
    Les mots viennent des mots, c’est certain. Qui écrit a lu, presque toujours. Personnellement, les livres m’accompagnent partout, et mes souvenirs de lecture se superposent et parfois se confondent avec mes « vrais » souvenirs. Je lis des mots, et en même temps j’en entends, le tout constitue une petite musique qui est la mienne, je suppose que chacun a la sienne (faite d’ingrédients divers), et que cette musique d’ailleurs peut évoluer, au fil des années.
  • Quand on écrit, c’est pour qui ?
    Je suppose que ça dépend. Moi j’ai longtemps écrit pour mes tiroirs, clandestinement. L’écriture était une activité non avouable, impossible à assumer socialement. Et puis, peu à peu, mes tiroirs de plus en plus pleins m’ont semblés un peu vains, et je me suis demandé si écrire pour moi toute seule ne devenait pas une activité purement narcissique. Faire lire ce que l’on écrit n’est pas facile, je trouve, cela force à s’exposer au regard et au jugement des autres. Mais je suis ravie de l’avoir fait.

 

  • Votre dernier ouvrage, qu’est-ce qu’il raconte ?
    Mon dernier roman, « Votre commande a bien été expédiée » (Albin Michel), s’ouvre par une phrase du poète Claude Roy : « Il faudrait essayer de ne pas accorder trop de réalité à la réalité. Le monde a grand besoin que nous doutions un peu de son existence. ». Et il a raison, Claude Roy : il y a d’ailleurs des moments où la réalité, franchement, exagère, c’est à se demander…
    Plus concrètement, au départ, il y a un homme, Eugène, dans le Sud de la France, qui commande une cocotte en fonte sur internet. Cette cocotte n’arrive pas, et c’est le début d’un échange épistolaire avec Lucia, conseillère clientèle dans le Nord. En toile de fond, une émission de téléréalité mettant en scène des seniors un peu remuants passionne le pays tandis que la terre, tout à coup, semble souffrir de courts-circuits à répétition et cesse de tourner rond.
    A quoi peut bien ressembler une histoire d’amour naissante dans cette ambiance de fin du monde ? Est-il encore temps de changer de vie ? Et à quoi peut bien ressembler la vraie vie quand le monde ne tourne plus rond ?

 

2017-06-09T09:14:05+00:00