Suivez-moi !

Votre nom (obligatoire)

Votre email (obligatoire)

Votre message

Négar Djavadi répond au questionnaire du candide

Djavadi écrivain

Née en Iran dans une famille d’intellectuels opposants au Shah puis à Khomeiny, elle a onze ans lorsqu’elle arrive clandestinement en France. « Désorientale », son premier roman, a obtenu une multitude de récompenses. Meilleur Premier roman Lire, Prix du Style, Prix des Libraires Folies d’encre & L’Autre monde, Prix Première… J’en oublie peut-être mais le pire, c’est qu’elle les mérite !

 

  • Un écrivain, ça naît comment ?
    À vrai dire, je n’en sais rien. Je présume qu’il y a autant d’écrivains que de naissances. En ce qui me concerne, je sais que j’ai toujours eu envie d’écrire ou plutôt de raconter des histoires. Je pense, en partie fascinée par la bibliothèque qui masquait un pan du mur du salon, en partie parce que l’été à Téhéran (où je suis née), la sieste est quasi obligatoire pour tout le monde. Comme j’étais tenue de garder le silence, mais que je ne dormais pas, je me racontais des histoires. D’autant que (paradoxe que je ne m’explique toujours pas) je n’aimais pas lire.

 

  • Un livre, ça vient de quoi ?
    Pour moi d’une envie de dire, de raconter, mais qui ne peut se faire par l’oralité. Car elle englobe des images, des sensations, des réflexions, des interrogations… Bref, des directions différentes, des couches disparates, qui demandent à être organisées pour devenir un tout compréhensible.

 

  • Un style, ça se trouve où ?
    Peut-être dans la façon d’agencer tous ces éléments. Peut-être qu’il vient aussi de quelque part en soi plus lointain, plus intime ; une part que j’associe à la musique. La façon dont les mots sonnent entre eux, le rythme des phrases, les ruptures, les silences. Il y a des écrivains dont le style est en mode mineur, d’autres qui sont proches du rythme saccadé du jazz. Quoi qu’il en soit, il y a quelque chose de mystérieux dans un style, quelque chose qui connecte (ou pas) l’auteur au lecteur.

 

  • Quand on écrit, c’est pour qui ?
    Cette question m’a toujours interpellée parce qu’elle se pose avec l’écriture, mais pas avec le cinéma par exemple. Un cinéaste ne se la pose jamais quand il a une idée ou une envie et qu’il commence à en faire un scénario. Il sait d’emblée que c’est pour un public. Et il l’écrit même dans ce but, incluant le spectateur dans le processus d’écriture. Si la question se pose pour celui qui écrit, c’est peut-être parce que nous écrivons tous ou du moins nous avons tous quelque chose à dire. Certains le font, d’autres pas. Certains vont jusqu’à en faire un manuscrit et le publier, d’autres pas. Mais ceux qui publient leurs écrits, les écrivains donc, écrivent pour être lus, pour un public. De fait, je pense qu’il n’y a pas de différence entre leur désir et celui d’un cinéaste ou d’un musicien.

 

  • Votre dernier ouvrage, qu’est-ce qu’il raconte ?
    Une femme est assise dans la salle d’attente d’un hôpital. Et tout en patientant là, au milieu des autres, elle raconte l’histoire de sa famille sur quatre générations. De son arrière-grand-père, un riche féodal installé au nord de l’Iran, à ses parents opposants politiques au régime du Shah, puis à celui de Khomeiny. En somme une saga familiale, avec en toile de fond l’Histoire de l’Iran du début du XXème siècle jusqu’à la révolution de 1979. Il s’appelle « Désorientale », aux éditions Liana Levi.

Photo Philippe Matsas

 

2017-04-18T11:33:18+00:00