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Nicolas d’Estienne d’Orves répond au questionnaire du candide

Nicolas d’Estienne d’Orves

Parmi ses nombreux faits de gloire, ce petit-fils du résistant Honoré d’Estienne d’Orves s’est fait renvoyer de France Musique pour avoir diffusé une version paillarde de « Il est né le divin enfant »… Ce qui a à peine allégé son emploi du temps où se marient la critique culturelle, en particulier musicale, et l’écriture littéraire. Une dizaine de prix ont déjà récompensé cet auteur prolifique de nouvelles, d’essais et de romans.

  • Un écrivain, ça naît comment ?

Parfois d’une vocation de toujours, parfois d’une conversion tardive, parfois du hasard (comme moi). Je voulais faire des films ou mettre en scène des opéras et suis devenu romancier par accident. Mais j’ai toujours considéré mon stylo (ou mon clavier) comme une caméra, et mes romans comme des scènes de théâtre où tout est possible, même le pire (surtout le pire !).

  •  Un livre, ça vient de quoi ?

D’abord d’une envie floue de mettre en mot un univers, un grouillement, des idées. Puis le brouillard se dissipe peu à peu (à coup d’écrémage, de tri, de réflexion, de doutes, et bien entendu de lectures) et le livre devient un projet, un travail, un atelier où je me rends chaque matin. Commence l’immense et harassant travail qui aboutit (presque) à chaque fois à un volume. Un fois le livre publié, pour moi, il n’existe plus. Au suivant…

  •  Un style, ça se trouve où ?

Ça ne se trouve pas, on en possède les germes, puis ça s’affine, ça se travaille, avec le risque de la préciosité, évidemment. Pour ma part, je préfère parler de ton, de voix, d’énergie narrative. Je veux que mes lecteurs oublient mes mots pour ne plus voir que mes images ; qu’ils soient absorbés par l’histoire au point de s’abstraire du lieu même de leur lecture. Pour moi, le romancier doit être hypnotiseur.

  • Quand on écrit, c’est pour qui ?

Idéalement, pour des gens qu’on ne connait ni ne rencontrera jamais. Écrire pour sa famille, ses proches, ses paires, est à mon sens trop narcissique. Un livre n’est pas un clin d’œil. Il faut écrire pour soi le livre qu’on rêverait de trouver en librairie, puis l’offrir à des inconnus qui vont pouvoir « réaliser » cette trouvaille.

  • Votre dernier ouvrage, qu’est-ce qu’il raconte ? 

Il s’intitule « Le Silence et la fureur », chez XO éditions, un thriller psychologique que j’ai écrit à quatre mains avec ma mère, qui est scénariste. Il raconte la folie d’un pianiste devenu allergique à la musique après un traumatisme, et qui vit enfermé dans une île mystérieuse perdue au Canada…

2018-04-16T11:02:06+00:00