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Pia Petersen répond au questionnaire du candide

Pia Petersen

D’abord, lisez ses livres, puis visitez son site : http://piapetersen.net/. Mais si vous faites l’inverse, votre conclusion sera la même : voilà « Un écrivain, un vrai », pour reprendre le titre d’un de ses romans.

– Un écrivain, ça naît comment ?
Aucune idée. J’avais cinq ans quand j’ai décrété que j’allais devenir un écrivain et libérer le verbe. Je ne sais pas pourquoi j’ai dit ça mais j’étais très sûre de moi. Cela dit, naître est une chose, devenir ce que l’on est, en est une autre. Le chemin vers l’écriture a été long et compliqué et parsemé de pas mal d’obstacles. Mais, un jour, j’ai pris la décision d’y aller, coûte que coûte, et je me suis lancée. Je me demande souvent si je suis réellement devenue ce que je prétends être, un écrivain, et je regarde mes livres et me dis que c’est probablement ça mais je doute toujours, ne sachant finalement pas bien ce que c’est, un écrivain.

– Un livre, ça vient de quoi ?
Un désir, un amour, une passion, une angoisse, une colère, un agacement, de la vie, parfois de la non-vie, je ne sais pas bien d’où ça vient, une idée, une déception, un regard, le plus souvent d’une vision, il faut chercher le livre, j’ai l’idée de lui, ou plutôt il est là, il tombe subitement, d’un seul coup, un seul clin d’œil et il est là, visible, je le vois de la première à la dernière page, je l’entends, seulement il faut l’écrire et ça prend du temps.

– Un style, ça se trouve où ?
C’est une manière de marcher et penser et écrire, avec sa personnalité, avec sa vie vécue, avec ses doutes, ses choix, son rythme, c’est une combinaison du fond et de la forme, une manière de tout orchestrer, de rompre, de déconstruire, de déstructurer, de tout remettre sur pied, d’agencer, d’articuler. Puis je n’en sais rien. Je crois qu’un style, on l’a ou on ne l’a pas. Je ne sais pas si on peut l’inventer. Puis, qu’est-ce qu’un style si ce n’est une série de tics ?

– Quand on écrit, c’est pour qui ?
Pour tous, pour personne, pour soi, jamais pour soi, on ne sait pas, peut-être que c’est l’amour de l’art ou la haine de l’art, on veut changer le monde, l’univers, la vie, les conditions de vie puis au fond ce n’est rien, tout ça, on prend son stylo, ou son clavier et on écrit un mot puis deux puis du coup le silence tombe sur la terre…

– Votre dernière œuvre, qu’est-ce qu’elle raconte ?
Mon dernier roman publié (« Mon Nom est Dieu », Plon) parlait de Dieu qui est de retour dans notre monde, il surgit subitement à Los Angeles et met tout en œuvre pour comprendre les hommes. Il veut que le monde sache que ceux qui ont écrit les textes fondateurs n’ont pas compris grand-chose de ce qu’il avait dit à l’époque. Il veut éclaircir les malentendus. Seulement il ne comprend plus rien. Il demande à une journaliste d’écrire sa biographie, ce qui lui permettra de s’expliquer. Dieu est conscient qu’on ne l’aime plus autant et cela le désole. Il veut qu’on l’aime mais ce n’est pas si simple. Mon prochain roman sortira l’année prochaine mais je n’en dévoilerai pas le sujet pour le moment.

2016-12-16T09:17:29+00:00