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Pokémot

Bon, puisqu’on ne peut éviter le phénomène Pokémon, autant le ramener à ce qu’on aime au-delà des modes : les mots. Et c’est ainsi qu’on apprendra – si on l’ignorait – que ce jeu créé par le Japonais Satoshi Tajiri est l’abréviation de « Pocket Monsters ».
Histoire de frimer, je pourrais parler d’une sorte d’APOCOPE puisque cette dernière consiste à conserver la ou les premières syllabes d’un mot (« auto » au lieu d’automobile, par exemple).
« Et les noms de ces petites bêtes ? » me demanderez-vous. Il s’agit essentiellement de MOTS-VALISES, fusions de plusieurs mots (exemple : « franglais », fusion de français et d’anglais).


Pour les détails, s’adresser directement à Julien Bardakoff qui a assuré en 1996 le travail de traduction en français chez Nintendo :

  • Pikachu ? « Chu c’est le cri de la souris, et pika c’est l’onomatopée d’une étincelle électrique. Les Japonais ont des onomatopées pour tout… Donc Pikachu : la souris électrique. Et il y a un côté mignon parce que chu est aussi le bruit des bisous en japonais. Celui-là, ils ne voulaient pas le traduire. On ne traduit pas le nom des mascottes, il fallait que ça soit international… »
  • Dardagnan ? « Supiā c’est le mot anglais spear, comme une lance. En français, le Pokémon a un double dard, donc dard-dard. Et il est rapide, donc aussi dare-dare. On ajoute à cela une référence au mousquetaire, et ça donne Dardargnan ! Triple tiroir de références : il est rapide, il a deux dards, c’est un insecte épéiste comme d’Artagnan. Ha ha ha ! (rire maléfique) »
  • Canarticho ? « Kamo c’est un canard et negi de la ciboule, une sorte d’oignon qui ressemble à un poireau. Il y a aussi un jeu de mot, car kamonegi rappelle une expression japonaise sur «un canard qui apporte les ingrédients pour sa propre cuisson» – comme «se jeter dans la gueule du loup». Mais va traduire ça en français… Canarticho est peut-être l’une des dernières traductions que j’ai proposées, parce que ce n’était pas un Pokémon important dans les jeux, ni dans le dessin animé, ni dans les cartes à collectionner. Au bout d’un moment, on n’en pouvait plus, et je voulais rentrer chez moi. Qu’est-ce que je pouvais encore trouver comme blague avec «canard» ? Qu’est-ce qui commence par «ar» ? Canarthrose ? Canartichaut ? Ah voilà, «Canarticho». Parfait. Ils m’ont demandé pourquoi. J’ai dit : «Parce que Canarticho c’est rigolo.» Oui, je sais que ce n’est pas un artichaut qu’il a dans la bouche… Mais c’est pareil, c’est vert et ça se mange. Allez, on passe à la suite. »

La suite, c’est dans Libération. Et comme je ne suis pas chien, je vous offre le lien : http://www.liberation.fr/apps/2016/06/pokemon/

2016-09-22T16:59:31+00:00