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Prenez-en bonne note !

Do ré mi fa sol la si do
Gratt’-moi la puc’ que j’ai dans l’dos
Si tu l’avais grattée plus tôt
Ell’ n’ serait pas montée si haut…

Ce pur moment de poésie pour introduire un billet consacré au nom des notes. Celles-ci ne sont apparues qu’au Moyen-Âge, dans les monastères, donnant naissance au solfège qui permet des chants à plusieurs voix.
Et c’est en toute logique un moine qui a les baptisées. Le Toscan Guido d’Arezzo a eu l’idée au XIe siècle d’utiliser les initiales des sept phrases composant l’hymne à Saint Jean-Baptiste, écrit par le poète Paul Diacre au milieu du VIIIe siècle.

Ut queant laxis
Resonare fibris
Mira gestorum
Famuli tuorum
Solve polluti
Labii reatum
Sancte Iohannes

À chaque vers, le chant monte d’un ton. Est-ce Guido d’Arezzo lui-même qui a composé la musique ou a-t-il emprunté une mélodie existante ? Vous avez droit à une autre question car nul ne le sait. Pour vous consoler, je vous offre une traduction du texte, et même deux en raison de son ambiguïté :

« Afin que les disciples de tes préceptes puissent, chose admirable, rendre musicale des cordes souples, ôte le mal de leur lèvre souillée, ô Saint Jean. »

Ou bien, comme saint Jean n’a pas eu de serviteurs : « Afin que les serviteurs (de Dieu) puissent clamer à pleine voix les merveilles de tes actions, ôte l’erreur de leurs lèvres impures, saint Jean. »

Le Ut, difficile à chanter car il ne se termine pas par une voyelle, fut ensuite remplacé par le Do de « Dominus », soit « Maître » ou « Dieu » en latin. Quant au Si, contraction du S de « Sancte » et du I/J de « Johannes », il n’a été baptisé qu’au XVIe siècle.

Tout ceci (ce Si ?) ne concerne évidemment que les pays de langue romane – le français, l’italien, l’espagnol, le portugais. Les Anglo-Saxons ont préféré utiliser des lettres :

A = La, B (ou H pour les allemands) = Si, C = Do, D = Ré, E = Mi, F = Fa, G = Sol.

Ce qui manque un peu de poésie, soit dit sans chauvinisme. Nous nous rattraperons avec un petit Verlaine qui réclamait « De la musique avant toute chose ». J’aime tant sa « Colombine » revisitée par Georges Brassens :

— Do, mi, sol, mi, fa, —
Tout ce monde va,
Rit, chante
Et danse devant
Une belle enfant
Méchante…

La suite, et le début, à lire dans « Les Fêtes galantes ».

 

 

 

 

2017-01-10T09:40:07+00:00