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Serge Quadruppani répond au questionnaire du candide

Journaliste, romancier, essayiste, traducteur, éditeur, Serge Quadruppani a tout de même trouvé le temps de répondre à notre questionnaire. Merci à lui de nous faire partager « la colère et la joie ».

– Un écrivain, ça naît comment ?
Je ne peux parler que pour moi : un écrivain ça vient de l’amour des livres et de l’envie de raconter des histoires.

– Un livre, ça vient de quoi ?
Un livre ça vient de l’actualité, de la colère qu’elle peut susciter, de la joie des rencontres, du bonheur de respirer, de caresser son chat, d’arracher les mauvaises herbes et de contempler le carré de salades, de voyager au Karnataka et de rencontrer d’autres civilisations présentes et passées, de l’amour qu’on fait et qu’on reçoit, si je vous avais dit de la vie, vous auriez trouvé ça banal, mais ça résume bien.

– Un style, ça se trouve où ?
Un style ça se trouve comme les histoires : en se confrontant aux autres, en repérant ce qu’on aime et ce qu’on n’aime pas dans l’écriture. Moi je cherche indéfiniment la juste dose entre le laconisme acéré et le lyrisme.

– Quand on écrit, c’est pour qui ?
On écrit pour soi comme premier lecteur et on écrit pour les autres lecteurs qui lisent par dessus notre épaule tandis qu’on écrit : je ne cherche pas à séduire à toute force (le consensuel me fout la gerbe), mais c’est vrai qu’écrivant pour les autres on essaie de faire en sorte de capter leur attention, de les faire rire, éventuellement bander ou mouiller, de les émouvoir, de partager avec eux la colère et la joie.

– Votre dernier ouvrage, qu’est-ce qu’il raconte ?
Mes deux derniers livres s’appellent « Madame Courage » (Le Masque), ça parle entre autres des suites des insurrections arabes, de l’étouffement des espoirs par les djihadistes et les gouvernements occidentaux profondément alliés, et « La Politique de la peur », sur la manière dont les gouvernements manipulent la peur du terrorisme pour imposer une société liberticide. Ils ont maintenant trois ans, mais c’est drôle, je trouve qu’ils n’ont pas vieilli…

2016-10-03T11:54:37+00:00