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Sylvie Le Bihan répond au questionnaire du candide

Sylvie Le Bihan

D’abord une interview dans « Elle ». Puis le questionnaire du candide. Dans les deux cas, la même sincérité, le même souci d’être au plus juste… Merci, Sylvie Le Bihan.

  • Un écrivain ça nait comment ?
    En lisant. C’est une rencontre entre soi et les styles qui nous touchent d’abord et nous inspirent ensuite. J’ai commencé par le Club des cinq ! A onze ans, j’écrivais déjà des histoires et je n’ai jamais cessé depuis, en mentant dans mon journal intime, de peur qu’on le trouve… Puis, je suis passée à des écrits plus sombres, hantée par Baudelaire, Rimbaud, Chateaubriand, Thomas Mann et « Le Horla » de Maupassant. Aujourd’hui, c’est Elfriede Jelinek qui m’inspire. On ne naît pas écrivain, on le devient, avec bonheur, envie et rage.

 

  • Un livre, ça vient de quoi ?
    Un livre, ce sont d’abord des phrases, des mots, des images qu’on met bout à bout dans des carnets. Tout se construit dans la tête, le squelette est là, il faut rajouter la chair, lui donner un visage qui change au fil des pages. Un livre, c’est aussi un travail collectif avec les premiers lecteurs, ceux qui vous donnent leurs avis à partir du manuscrit, avec la maison d’édition, un livre ce sont des allers-retours. J’écris beaucoup puis j’élague pour ne garder que l’essentiel car j’ai peur d’ennuyer. Un livre, c’est une partie de soi qu’on partage et dont on est prêt à se défaire car quand un de mes livres paraît, il ne m’appartient plus et c’est bien.

 

  • Un style, ça se trouve où ?
    Un style correspond à ce qu’on est profondément. Je suis joyeuse, gaie, j’aime rire, danser et chanter, mais au fond, tout au fond, j’ai mon lac sombre qui m’attire, comme lorsqu’on est sur un pont et que le vide tente. Là, je suis cynique, crue, violente parfois et c’est ce qui fait mon équilibre. Le style c’est ne vouloir ressembler à personne tout en chantant les mêmes airs. Ça ne se travaille pas en écoutant les critiques, c’est une démarche honnête qui rend le risque jouissif.

 

  • Quand on écrit c’est pour qui ?
    C’est pour soi. Je me moque des flatteries ou des critiques, mais suis heureuse quand ça plaît. Pour mon deuxième roman, je me suis amusée à inventer deux personnages détestables au premier abord, puis les ai rendus humains peu à peu, un exercice de style osé au cours duquel je me suis régalée. Je ne suis pas dans la séduction des lecteurs, j’aime relire mon manuscrit en me disant : « C’est pas mal ». J’écris des livres que je souhaiterais lire.

 

  • Votre dernier ouvrage, qu’est-ce qu’il raconte ?
    Mon dernier livre est une belle histoire d’amour entre une écrivaine à succès et un jeune auteur prometteur. C’est l’histoire d’une femme confrontée à son passé, qui doit témoigner, trente ans après ce qu’elle appelle un « accident », et qui, d’insomnie en insomnie, revient, en écrivant une lettre de rupture, vers celle qu’elle oublié d’être. C’est une éducation sentimentale sur fond de bataille contre une mémoire violée. Il est paru aux éditions du Seuil le 12 janvier 2017 et a pour titre : « Qu’il emporte mon secret ».

 

(Photo – Seuil – © Astrid di Crollalanza)

 

 

2017-01-16T16:23:37+00:00